39-98 | 99 | 00 | 01 | 02 | 03 | 04 | 05 | 06 | 07 | 08 | 09 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19


 
 
Choix du public :  
 
Nombre de votes : 9
 












 
Partager    twitter



festival-cannes.com

 

Alexandra

Sélection officielle - Compétition
Russie






LA MAISON TCHETCHENIE

Le talent de Sokurov est indéniable. Artistiquement, il appartient � cette espèce de cinéastes maîtrisant bien l'image, la lumière qu'il donne sens � chacun de ses plans. Toutes les oeuvres se singularise pour un style qui lui est propre. Alexandra mélange ainsi la caméra � l'épaule, un éclairage lumineux et poussiéreux, un tempo plus "rapide" qu'� l'accoutumée. Justement, Sokurov - piég� par son savoir-faire - se protège trop derrière son formalisme. Il est incapable d'accélérer le rythme, ni même de s'extirper d'une surdose de signification. Chaque dialogue a plusieurs a plusieurs degrés de lecture - humain, politique, spirituel. L'essentiel de la richesse d'Alexandra tient d'ailleurs dans cette métaphore o� la Russie rencontre la Tchétchénie, � travers deux grands-mères, qui deviennent amies, o� la Russie rencontre son armée, peu reluisante, épuisée. La Russie c'est Alexandra, une mamie libre, vaillante, franche, abattue, écrasée par le voyage et la chaleur. Elle observe, inspecte, interroge, parle. D'elle, émane une sagesse, une lucidit�, pas forcément bienveillante, sur l'Etat de la nation. Guerre entre slaves et caucasiens, orthodoxes et musulmans, soldats et terroristes, occupants qui ne font plus peur et occupés plutôt lassés.
Alexandra raconte cela avec une narration limpide, � travers quelques rencontres. Ce mère et fils, ou plutôt mère patrie et fils soldats, prend sa force, son intensit� dans les visages de ces jeunes hommes, dans la tendresse qui effleure entre la grand-mère et le petit-fils. Une jolie relation. Il y aussi la séquence très chaleureuse entre les deux grands-mères dans l'appartement de la tchétchène et celle plus froide o� tenant une Kalachnikov, elle sort : "c'est si facile." Film pacifique et crépusculaire, il aurait sans doute mérit� un traitement plus vif d'une Russie qui ne reconnaît pas ses enfants. Il en reste (et en résulte) un film intelligent, port� par une grande dame, juste jusqu'au bout.

EN



(c) ECRAN NOIR 1996-2026