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Independencia

Certain Regard
/ sortie le 21.04.2010


A L’EST, RIEN DE NOUVEAU





"On ne devrait pas s'inquiéter du vin et du tabac quand le reste du pays se déchire."

Attention, curiosité. Avec Independencia, Raya Martin continue l'exploration de l'Histoire des Philippines amorcée avec A Short Film about the Indio Nacional, en montrant comment, au début du XXe siècle, les Etats-Unis ont refusé de reconnaître l'indépendance du pays et y ont pris le pouvoir par la force. Mais loin de réaliser une œuvre historique, le cinéaste se concentre sur le destin particulier de trois personnes retranchées dans les montagnes, comme en signe de résistance totale à l'occupant. Pour mieux symboliser cette résistance, il s'inspire de l'esthétique des studios hollywoodiens du début du siècle et respecte les contraintes de l'époque : décors artificiels, toiles peintes, vitesse légèrement inférieure à 24 images par seconde... Il s'agit selon lui de subvertir cette esthétique afin de "redéfinir nos véritables luttes".

Si la démarche ne manque pas d'intérêt, elle laisse passablement perplexe, à l'image du reste du film, mélange radical de symbolisme et de minimalisme. L'intrigue est en effet si ténue qu'elle semble inexistante, tout l'enjeu consistant à observer la forêt (au cours d'interminables plans fixes), la cabane et le quotidien de ses habitants. Seul "l'intermède" (une fausse bande d'archive coupant le film en deux, comme un entracte) donne une idée du climat de l'époque, et des exactions commises par les Américains. Pour le reste, soit on tombe sous le charme de cette évocation poético-allégorique, soit on cale devant son aspect purement théorique (l'évolution du cinéma comme vecteur de résistance, il y a de quoi décontenancer les plus retords...).

MpM



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