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Entre ciclones

Semaine critique - Films en sélection
Cuba


Enrique Colina semble bien parti, avec ce premier long métrage tout à fait réussi. Le réalisateur nous propose un véritable instantané de la vie quotidienne havanaise, comme l’indique le titre, entre deux cyclones, qui vont ravager les infrastructures, en particulier les routes et le téléphone. En choisissant de centrer l’attention sur deux personnages truculents : un jeune employé des télécommunications en formation et une jolie coiffeuse, Colina entraîne le spectateur dans une folle virée des quartiers de La Havane. Le système D s’érige en seule alternative à la désorganisation, système couronné de succès grâce à un optimisme inégalable, qualité très palpable chez les Havanais ; le film insiste très justement à ce sujet. Entre cyclones est une jolie allégorie d’un sacré désordre que constitue la vie d’un pays en développement. Tout au long du film, le spectateur voyage, vit avec les personnages, au gré de la musique havanaise et des klaxons. L’authenticité des personnages est très bien restituée. Le côté noir de l’histoire fait écho à tout un pan de l’histoire de Cuba. Colina dépeint très bien la réalité sociale de l’île. Le personnage clef de l’histoire, Thomas est terriblement attachant. Il hésite, ne sait pas faire des choix dans sa vie -comme tout un chacun !- Il est peu perdu, mais profondément bon. Bien plus qu’une comédie, il s’agit d’un témoignage sociale, une carte postale de l’île qui ne cache rien de son histoire et de ses drames politiques notamment. Bref, le film est une très belle photo sentimentale de la vie cubaine des années 2000.
Sandra

 

 
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