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The Prodigies, la nuit des enfants rois

Sélection officielle - Séances spéciales
France / sortie le 08.06.2011


LES DAMNÉS
« - Vous croyez que ce monde vaut la peine d’être sauvé ? »
Passé le choc de l’esthétique jeu vidéo, musique incluse, on se laisse facilement embarquer dans cette énième histoire de science-fiction parano à base de petits génies (forcément geeks sur les bords) éduqués dans un Campus idéal.
A l’opposé des Dardenne (oui drôle de comparaison, mais on est à Cannes...), The Prodigies refuse le déterminisme et accepte de bout en bout le libre arbitre de chacun. D’ailleurs tout est à l’opposé des Dardenne (et du néo-réalisme en général), tant le film se rapproche davantage des comics américains et des mangas japonais, bref du fantastique. Clichés inclus.
Mais reconnaissons que l’histoire broie nos pires travers et traumas. De la télé réalité à la surpuissance des entreprises, des complots qui hantent notre époque à l’espoir d’un monde meilleur, toutes les thématiques à la mode y passent. Les quotas sont respectés. Les rebondissements ponctuent minutieusement l’intrigue. La revanche des minorités a une variante ici : les sauveurs du monde deviennent les destructeurs.
Si le roman est subversif, le film est surtout violent. Intense, trépident, il est loin du formatage moraliste habituel. Le héros se métamorphose lentement en anti-héros subissant une succession d’échec à force de naïveté. Loser brillant et sacrificiel, il fait de ce film d’animation une œuvre plus noire qu’attendue, et ce, malgré le débauche de couleurs. Ciblant ados et adultes, The Prodigies, sans être prodigieux, est un film haletant et bien produit.
On pourra toujours lui reprocher un manque d’originalité mais l’ambition, d’autant plus pour un film français, atteint ses objectifs. S’il manque d’émotion, La nuit des enfants rois réussit à nous impliquer dans son scénario retors et à nous faire aimer, avec ambivalence, chacun de ses protagonistes, qu’ils soient aimables ou pas.
vincy

 

 
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