39-98 | 99 | 00 | 01 | 02 | 03 | 04 | 05 | 06 | 07 | 08 | 09 | 10 | 11 | 12 | 13 | 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19


 
 
Choix du public :  
 
Nombre de votes : 16
 












 
Partager    twitter



festival-cannes.com

 

Broken

Semaine critique - Séances spéciales
/ sortie le 22.08.2012


ÇA PASSE OU ÇA CASSE





«Ca finira mal. Tout finit toujours mal. »

Pour son premier long métrage, Rufus Norris s’inscrit sans hésiter dans la veine la plus "sociale" du cinéma britannique contemporain. En adoptant le roman de Daniel Clay, qui met en scène un petit quartier résidentiel de l’Angleterre middle-class, il réalise en effet une étude presque sociologique de ce microcosme peuplé d’êtres abîmés par la vie. Parce qu’ils sont perçus au travers du regard encore naïf de la jeune héroïne, les différents protagonistes se révèlent peu à peu d’une étonnante humanité, tour à tour victimes et bourreaux, capables dans la même minute de saluer gentiment une enfant, puis de casser la figure à un adolescent. Froidement, sans fioritures, comme mus par des mécanismes sur lesquels ils n’ont aucune prise.

C’est peut-être ce qui finit par déranger dans le scénario presque misérabiliste du film : ce déterminisme qui semble laisser bien peu d’espoir à des individus irrémédiablement pris au piège de leur passé ou de leur hérédité. Aucune rédemption ne semble alors possible, quelles que soient les circonstances. Cela donne à la seconde partie de Broken un aspect désespéré qui gomme la profonde compassion avec laquelle Norris filme ses personnages. Même les choix de mise en scène du cinéaste, qui privilégie un certain naturalisme et une construction intelligemment éclatée, ne suffisent pas à élever le film au-delà du banal drame social, dénué à la fois de relief, de subtilité et de sens. Car s’il s’agissait simplement de prouver que le malheur engendre le malheur, et que la confrontation avec l’injustice et la souffrance conduit à une perte d’innocence, nul n’était besoin d’une démonstration aussi appuyée et fataliste.

MpM



(c) ECRAN NOIR 1996-2026