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All Tomorrow's Parties (All Tomorrow s Parties)

Certain Regard
Chine / sortie le 28.04.2004


ASIE ANNEE ZERO







"- Hier, j'ai rêv� de savon"



Qui n’a jamais souhait� anticiper l’avenir ? Contempler ne serait-ce que quelques minutes, le futur visage du monde ? Yu Lik-wai lui a franchi le pas. Et son � monde � n’a rien de réjouissant. Oubliés les buildings futuristes et autres automobiles volantes. Aucune machine, ni robot n’a daign� ici se substituer � l’Homme. Dans All Tomorrow’s Parties ce dernier reste fidèle � lui-même. Partag� entre bourreaux et victimes. Acteur de sa propre perte. Si le � Deuxième Monde � imagin� par Yu Lik-wai émerge d’une guerre apocalyptique sans précèdent, il s’apparente pourtant � ce que l’humanit� a fait de pire. Dans le 20éme siècle voisin. D’emblée, le réalisateur martèle les esprits. La destruction d’une imposante statue divine, calquée sur celle des Bouddhas de Bamyan annihilés par les Talibans, ébranle tout nos repères.
De l’Afghanistan � la Chine, la frontière est dérisoire. Celle entre obscurantisme religieux et fascisme idéologique ne l’est pas moins. Ici, une poignée d’illuminés enferment � nouveau l’Homme dans des camps. Sans distinction d’âge ni de sexe. Avec un souci de � rééducation � hérit� de la Révolution culturelle de Mao Zedong. Quatre héros séparés du monde par des soldats de fortune aux frusques moyenâgeuses. Armés de ridicules fusils de chasse. Yu Lik-wai refuse toute violence physique. Son propos étant déj� suffisamment cruel. Mais pas dénu� d’humour. Au � camp Prospérit� �, les jeunes filles coquettes affichent des masques faciaux pour proscrire tout désir ; les adolescents friquotent en rêvant au doux parfum des savons d’autrefois ; Et tous � vénèrent � un gourou aussi barbu qu’inexpressif. A travers une feuille de lotus plastique passablement kitsch.
Mais All Tomorrow’s Parties n’en finit pas de surprendre. Après avoir prouv� son talent de conteur acerbe � appuy� par des acteurs étonnants �, Yu Lik-wai laisse éclater son étonnante maîtrise visuelle. Le no man’s land post-apocalyptique servant de refuge � Xuelan, Zhuai et les autres, rivalise avec les terribles représentations de la littérature et du cinéma d’anticipation. Rien de grandiloquent pourtant. La caméra scrute habilement ces vallées o� l’herbe ne pousse déj� plus. Les immeubles béants éventrés. La photographie de Lai Yiu-fai fait le reste. Prisonniers de cet environnement hostile, nos héros réapprennent � vivre. Non sans difficult�. Si le naturel reprend ses droits, la libert� si soudainement acquise s’avère pernicieuse. A l’image du dernier quart d’heure du film. Jusque-l� irréprochable, le réalisateur se perd en saynètes énigmatiques voire soporifiques. Au risque de lasser le spectateur. Sans rancune. Le talent mérite parfois que l’on pardonne quelques écarts.

jean-francois



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