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Une vérité qui dérange

 

Une suite qui dérange : le temps de l'action (An Inconvenient Sequel: Truth to Power)

Sélection officielle - Séances spéciales
USA / sortie le 27.09.2017


LE COMBAT D'AL GORE





"Ce qui me donne de l’espoir, c’est de savoir que tant de gens sur cette planète font des gestes concrets au quotidien"

Si la prise de conscience sur le changement climatique est désormais mondiale, les résultats, concrètement, laissent à désirer. Et le récent retrait des Etats-Unis de Donald Trump de l'accord de Paris conclu en 2015 montre que rien n'est gagné dans cette bataille.

Entouré par une petite équipe, Al Gore, qui jouit encore d'une belle aura au niveau international, continue sans relâche à militer pour la survie de la planète. Dans Une suite qui dérange : le temps de l’action, on le suit dans son périple aux Etats-Unis, en Europe, en Asie, où il rencontre des militants et des dirigeants. Il enchaîne les conférences pour expliquer, à l'aide d'images et de graphiques, qu'il est grand temps de réagir face à l’urgence climatique.

Les deux réalisateurs du documentaire, Jon Shenk et Bonni Cohen, filment Al Gore, 69 ans, dans son quotidien, de l’Inde au Groënland, alternant scènes intimistes et publiques. Il se montre aussi à l'aise pour s'adresser aux journalistes qu'aux politiques, s’entretenant notamment avec le procureur général de New York Eric Shneiderman, le secrétaire d'Etat John Kerry et la responsable de la Convention de l'ONU sur les changements climatiques Christiana Figueres. Dans une autre séquence, on voit Al Gore écouter, attentif, les témoignages poignants de rescapés d'un typhon aux Philippines.

Le début du documentaire, qui refait le point sur la situation actuelle, est instructive, mais il n'apporte rien de très nouveau. La seconde partie est la plus intéressante, avec l'épisode de la Conférence internationale sur le climat qui s'est déroulée au Bourget du 30 novembre au 12 décembre 2015, moins d'un mois après les attentats meurtriers perpétrés à Paris. Al Gore a largement contribué à la réussite de la COP21 en négociant en coulisses avec des dirigeants indiens très réticents à signer un accord. Grâce à ses nombreux contacts, cet homme très pragmatique, vice-président des Etats-Unis de 1993 à 2001, a obtenu de l’entreprise américaine SolarCity qu'elle transfère à l’Inde ses dernières innovations en matière de technologie solaire. Cette avancée a convaincu New Delhi de ratifier l'accord.

Al Gore reste optimiste par rapport à l'avenir. "Ce qui me donne de l’espoir, c’est de savoir que tant de gens sur cette planète font des gestes concrets au quotidien", affirme-t-il.

Militant engagé, l’ancien vice-président démocrate de Bill Clinton a reçu en 2007 le prix Nobel de la paix pour "avoir su informer le monde des dangers que représente le réchauffement climatique". Ce nouveau documentaire, pédagogique, constitue une bonne piqûre de rappel.

Pierre-Yves Roger



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