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La Blessure

Quinzaine des réalisateurs - Compétition
France


Les blessures assassines
« Chaque jour qui passe, je perds quelque chose. Je perds une partie de moi-même »
La Blessure est composée de trois parties, ou plutôt de deux parties et d’un épilogue.
La première, l’entrée en France, se déroule à l’aéroport. Blandine arrive donc en France pour rejoindre son mari dont elle est séparée depuis longtemps (ce dernier est d’abord parti seul en France). Elle et quelques autres sont interdits d’entrée sur le territoire. On veut même les expulser. La caméra de Nicolas Klotz filme ainsi l’inhumanité de la douane : les demandes d’asile ne sont pas prises en compte, on les traite comme des chiens. Pire, on les maltraite, on les insulte. La réalité est pire que ce qu’on peut imaginer. Même si on en a une petite idée, il est difficile de mettre de telles images sur les sinistres faits.
La seconde partie est l’après. La suite du calvaire. Une fois l’accueil en France accepté, ces immigrés se retrouvent inéluctablement dans une situation extrêmement précaire : problèmes de logement (squats insalubres partagés à très nombreux), de papiers, d’argent, de mises sur le trottoir… Problème de communication : des familles se regroupent alors qu’elles ont été séparées parfois pendant longtemps et ne se connaissent plus. Entre autres. Après la promesse d’un Eldorado (ils cherchent à fuir leur pays car ils y sont menacés et ont plein d’illusions quant à la France considérée comme une terre d’asile bénie), c’est la désillusion totale.
La Blessure est une fiction mais une fiction qui a valeur de documentaire. C’est beaucoup trop long (pensez, 2h45…), mais peut-être cette longueur permet-elle de mieux se rendre compte de l’état des choses. Par exemple, les scènes dans les salles d’attente qui sont filmées en longs (interminables) plans fixes permettent de mieux en percevoir la pesanteur. Mais même si ce film est fort intéressant et instructif, nous sommes tout de même face à une sorte de marathon cinématographique. Le réalisateur, certainement par soucis de bien faire et de faire passer le message, appuie trop sur chaque chose : sur les images, avec des plans trop longs, et sur les mots avec moult répétitions. Il s’agit néanmoins d’un très juste et très sinistre constat de cette réalité sordide : des hommes et des femmes dont la dignité humaine est sans cesse bafouée et dont les conditions de vie sont souvent insoutenables.
Laurence

 

 
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