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Production : Camara carnal films
Réalisation : Francisco Vargas Quevedo
Scénario : Francisco Vargas Quevedo
Montage : Francisco Vargas Quevedo, Ricardo Garfias
Photo : Martín Boege Paré
Format : 35 mm ; Noir et Blanc
Décors : Claudio « Pache » Contreras
Distribution : Bodega
Son : Isabel Muñoz Cota
Musique : Cuauhtémoc Tavira, Armando Rosas
Costumes: Rafael Ravello
Maquillage : Rubén Molina, Mario Zarazua
Durée : 98 mn

 

Don Ángel Tavira : Don Plutarco
Dagoberto Gama : Le Capitaine
Fermín Martínez : Le Lieutenant
Gerardo Taracena : Genaro
Mario Garibaldi : Lucio

 

festival-cannes.com
site du distributeur

 

Le violon (El violin)

Certain Regard
Mexique / sortie le 03.01.2007

La genèse du Violon est presque aussi édifiante que le film lui-même. Après des études d'art dramatique et de sciences de la communication, Francisco Vargas entre en 1995 au Centre de Formation Cinématographique du Mexique, section réalisateur et chef opérateur. El violin est au départ un court métrage de fin d'études dont il espère tout de suite qu'il fera partie de son premier long. Le film est d'abord projeté au festival de Guadalajara puis à Toulouse dans le cadre de "Cinéma en Construction", une opération permettant aux professionnels de découvrir de nouveaux talents et agissant comme une véritable pépinière de jeunes auteurs d'Amérique Latine. Les événements s'enchaînent alors à toute vitesse : le film gagne à Guadalajara, obtient le fonds de l'institut mexicain du cinéma et est invité à Cannes. Francisco Vargas peut alors terminer la version long métrage du Violon : trois semaines et demie de tournage, quatre de montage.





Pour justifier le choix de son sujet (tout sauf anodin), le jeune réalisateur évoque la réalité occultée du Mexique, et Los olvidados de Luis Buñuel. "Pour se faire entendre, ces voix oubliées vont jusqu’à recourir à la voie armée", explique-t-il. "À côté de nombreuses lectures sur les guérillas et les conflits en Amérique latine, les Aventures incroyables d'un violoncelle, un livre de Carlos Prieto, m'ont inspiré. La force de ce musicien qui se rend chaque jour dans le camp adverse pour y jouer de son violoncelle confisqué, jusqu'à le récupérer des mains de ses ennemis, est restée gravée dans ma mémoire. Elle m'a rappelé toute cette littérature où la musique et la guerre entrent dans un jeu de dialogue dangereux. El violin soulève des questions restées sans réponse. C’est vraiment étonnant qu’à moins d'un mois des élections présidentielles mexicaines, la violation des droits de l'homme, la marginalisation, la misère de millions de personnes, la répression armée, la carence de démocratie comme de justice sociale soient des thèmes absents des discours politiques de la campagne électorale..."

D'où la nécessité d'un réalisme populaire assez proche d'une qualité documentaire. Le réalisateur s'est ainsi efforcé de créer des atmosphères totalement réalistes qui aillent au delà du vraisemblable de la fiction traditionnelle. "J'ai choisi de travailler avec des non-acteurs, des personnes des communautés rurales et indiennes, accompagnées de quelques acteurs professionnels. La majorité des personnages et tous les figurants proviennent du lieu où nous avons filmé." Après avoir cherché son Don Plutarco partout, Vargas a tout à coup réalisé qu'il l'avait sous les yeux depuis le début : Don Angel Tavira, sur lequel il avait auparavant tourné le documentaire Terra Caliente… se mueven los que la mueven, au sujet de la musique traditionnelle de la région. Comme Don Angel est manchot, il a fallu réécrire le scénario sous cet angle et adapter l'ensemble à la personnalité du vieil homme. "Il fallait trouver des expressions qui sonnent juste dans sa bouche, qu'il n'ait pas à interpréter Don Plutarco mais qu'il soit Don Plutarco", explique le cinéaste. "J'ai dû tout écrire. Après le tournage, je me suis demandé comment ça m'était passé par la tête de chercher un acteur. J'avais sous la main cet homme merveilleux et je cherchais ailleurs… Le film, c'est aussi Don Angel."

Francisco Vargas est enchanté de l'accueil reçu par El violin à travers le monde. A Cannes, où il était présenté dans la sélection Un certain regard, il a notamment reçu le prix d'interprétation masculine pour la prestation de Don Angel Tavira. "C'est un film qui contient un message et son objectif est d'atteindre le plus de lieux possibles", avoue-t-il. "Je voulais faire un film qui puisse être compris partout dans le monde et que n'importe quel spectateur soit charmé par sa simplicité et puisse s'exclamer : 'Comme ce film est simple et primitif !'"

MpM



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